Contamination Berlin
Cette année, en section Graphisme à Saint-Luc Liège, nous sommes partis à Berlin avec les 2e et 3e année. Voici la vidéo d’une « performance contamination » réalisée sur place, plus le texte explicatif lié à ce projet.
Définition (Petit Robert)
« Contaminer » :
1. Souiller par un contact impur
2. Transmettre une maladie à quelqu’un
3. Avoir une mauvaise influence sur quelqu’un
Il y a donc une connotation négative a priori. Alors en quoi la contamination pourrait être positive?
Évidemment, dans un contexte de baratin pandémique grippal AH1N1, le sujet de la contamination avait trouvé un écho puissant. Notre peur de la maladie, notre tabou face à la mort décuple notre angoisse irrationnelle. Le virus trouve aussi écho dans le monde informatique. Un danger caché qui frappe sans avertissement, sans distinction. Nous sommes de simples mortels, pc compris.
Mais cette contamination pourrait être en réalité plus positive. Basée sur l’échange, l’enrichissement mutuel, la confrontation des idées. Une influence culturelle. Doit-on rejeter toutes les contaminations ? Comment se place le graphisme par rapport à ce concept ?
Berlin. C’était la destination cette année pour les 2e et 3e en section graphisme. Une ville parfaite pour exercer la contamination. Après la chute du Mur, l’Ouest et l’Est se sont mutuellement influencés, contaminés. De quelle manière ? Par l’architecture, les pictogrammes, la typographie, les arts plastiques, la musique… Il appartient aux étudiants de découvrir, de vivre, de ressentir, de graver.
En cette fin d’année anniversaire de la chute du Mur, nous avions décidé de marquer le coup et, tel un virus qui se déploie, de reconstruire symboliquement le tracé du Mur à la célèbre « Porte de Brandebourg » en plein centre de Berlin. 170 élèves qui débarquent en tenue de protection anti virale pour faire une petite performance visuelle, ça ne passe pas inaperçu, ça contamine même très rapidement les forces de l’ordre. Panique. Manifestation non déclarée. Polizei partout!
Contamination de stupeur pour nos étudiants qui comprennent assez rapidement qu’en 2010, on ne fait pas encore tout ce qu’on veut. Même sans casser, sans crier, un simple uniforme porté par un grand nombre suffit à être considéré comme une manifestation provocatrice. Et donc interdite.
Contamination d’incompréhension ensuite lorsque à notre retour, tous les cars furent arrêtés pour subir un contrôle anti immigration. C’est impressionnant et une fois de plus, le concept même de liberté semble fragile. Liberté de circuler, de vivre, d’être homme, ce droit n’appartient pas encore à tout le monde. Ces confrontations forment une introduction parfaite pour le prochain travail en 2e graphisme. Les centres fermés de Vottem.
PS: La ville de Berlin est exceptionnellement intéressante. Il y a encore un bouillonnement culturel très riche, surtout dans les quartiers de l’ancien bloc de l’Est. Simplement, n’oubliez pas vos papiers!
Olivier Evrard